Alors que l’on vit dans l’ère Obama, des mauvaises blagues sur Taubira, l’époque Dieudonné (et ses frustrations d’un homme aux souffrances non-reconnues? qui comble en dénigrant celles des autres?), dans un monde qui se bat pour remonter la pente et échapper à la crise, entre réels problèmes sociaux et assistanat, entre inégalités, injustices et déchéances, l’Homme 2.0 combat le racisme au quotidien.

Quelle est donc cette nouvelle culture que nous inculquons à la génération 2014?

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On nous avait promis « le film de l’année 2014 ». Je me suis alors dit « qu’est-ce qu’ils essaient encore de nous vendre? »
Puis le 16 février 2014 – à Londres, 12 years a slave remporte le Bafta* du meilleur film et du meilleur acteur grâce au jeu particulièrement remarquable de Ejiofor Chiwetel.
Grosse production, gros sujet, grosse communication…
Je devais suffire à ma curiosité. Et ils avaient raison.

bafta-lincoln-lemajor-mauboussinSteve McQueen signe une oeuvre magnifique, violente, émouvante. C’est l’histoire d’un violoniste New Yorkais en 1841, noir et libre dans l’Amérique départagée, kidnappé et revendu en esclave.

Et pour citer Bass (incarné par Brad Pitt, ndlr Producteur du film) « your story is amazing… malheureusement dans le mauvais sens du terme ».

Entre scènes terrifiantes, d’autres troublantes, et celle où l’acteur principal, Platt, à bout de forces, seul, entre ne pas perdre espoir et ne pas perdre sa dignité, cherche du regard quelque chose à quoi se rattraper. Et là, fixant la caméra d’un regard à bout de force, c’est nous, public, qu’il regarde. Acteur d’un film retraçant une histoire vraie, c’est au futur qu’il s’accroche. A l’espoir d’un monde meilleur. Ce monde pour lequel il s’est battu à son retour d’esclavage, ce monde qu’il a aidé à façonner, pour abolir les inégalités raciales et racistes.

Ce film arrive dans nos cinémas après l’année 2013, marquée par Le Majordome, de Lee Daniels, Lincoln, de Steven Spielberg, Django unchained de Quentin Tarantino…

Alors qu’aujourd’hui on vit comme si tout était évident, plein de fierté et d’individualisme, le cinéma nous rappelle combien nos ancêtres ont lutté pour garder leur liberté. Et pourtant, notre comportement ne les honore pas toujours.

Heureusement, les codes évoluent et les inégalités s’estompent sous la légèreté de jolies campagnes, comme en ce moment celle de Mauboussin avec sa nouvelle égérie, Jean-Marc Mormeck, double champion du monde de boxe en catégorie lourd-léger.

La culture aura-t-elle autant d’impact dans les esprits que le poids des lois ?

Sarah W

 

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