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LEGO MOVIE : Quand le storytelling va au bout !

 

Aujourd’hui nous sommes de plus en plus sollicités par les films publicitaires, plus grandioses les uns que les autres, magnifiques, émouvants, d’une précision extrême dans la qualité des images, presque tous réalisés pour des marques de luxe.
A l’heure où les marques s’émancipent donc des médias traditionnels, la marque LEGO surfe sur la tendance et lance également le sien. En long métrage.

Comment une marque peut-elle pousser le storytelling jusqu’à en faire un film?

Legomovie: La Grande Aventure est un film d’animation américain réalisé par Phil Lord et Chris Miller sorti le 19 février 2014, produit en partie par Warner Bros et Village Roadshow.

Légo, le jouet créatif pour enfant, avait déjà fait des siennes lors d’événements de tailles comme le sapin de Noel uniquement en briques de Légo, à la gare de Saint-Pancras à Londres en décembre 2013. Récemment ce sont des personnages Légo qui se promenaient dans Paris pour promouvoir la sortie du film, là, le jouet est mis en scène comme on le faisait dans notre enfance, il prend vie sur les écrans de cinéma du monde entier.

Légo est parti en croisade depuis 2012 avec la version girly de ses petites briques multicolores, et a changé son positionnement marketing en ouvrant ses propres magasins.
Ils ciblent maintenant autant les petits garçons et les petites filles que leurs anciens fans, les jeunes parents.
Les Lego stores ont ainsi fleuri partout en Europe et aux Etats-Unis, offrant de véritables musées-aires de jeux où parents et enfants partagent un moment ludique. Ce qui restera dans la tête des enfants comme un jouet fédérateur et rattaché au goût de leur enfance gâtée et chérie.

Entre les médias et le brand content, les enjeux de visibilité de la marque sont très importants. Produire un film à 100 millions de dollars de budget est un très grand coup marketing! Cela va fédérer enfants et parents autour d’un objet banal qui développe les capacités créatives de tout un chacun !

Ce film est visuellement très beau, tout en légos. On admire le travail de réalisation qui nous replonge dans nos souvenirs et nous rappelle que “Every one IS spéciaaaaaaaalll”
Chaque être est extraordinaire s’il se donne les moyens de l’être!

Alors que la marque a plus tendance à rendre le consommateur acteur en général, Légo lui redonne un rôle plus passif pendant 1h40, juste le temps de donner vie à ses personnages préférés, comme il aurait pu facilement l’imaginer dans son enfance.
Et on adore très fort les pop corn sucres salés du mk2 bnf !

Bande Annonce

 

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Sarah Webers

Culture us ! Eight day a week !

Alors que l’on vit dans l’ère Obama, des mauvaises blagues sur Taubira, l’époque Dieudonné (et ses frustrations d’un homme aux souffrances non-reconnues? qui comble en dénigrant celles des autres?), dans un monde qui se bat pour remonter la pente et échapper à la crise, entre réels problèmes sociaux et assistanat, entre inégalités, injustices et déchéances, l’Homme 2.0 combat le racisme au quotidien.

Quelle est donc cette nouvelle culture que nous inculquons à la génération 2014?

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On nous avait promis « le film de l’année 2014 ». Je me suis alors dit « qu’est-ce qu’ils essaient encore de nous vendre? »
Puis le 16 février 2014 – à Londres, 12 years a slave remporte le Bafta* du meilleur film et du meilleur acteur grâce au jeu particulièrement remarquable de Ejiofor Chiwetel.
Grosse production, gros sujet, grosse communication…
Je devais suffire à ma curiosité. Et ils avaient raison.

bafta-lincoln-lemajor-mauboussinSteve McQueen signe une oeuvre magnifique, violente, émouvante. C’est l’histoire d’un violoniste New Yorkais en 1841, noir et libre dans l’Amérique départagée, kidnappé et revendu en esclave.

Et pour citer Bass (incarné par Brad Pitt, ndlr Producteur du film) « your story is amazing… malheureusement dans le mauvais sens du terme ».

Entre scènes terrifiantes, d’autres troublantes, et celle où l’acteur principal, Platt, à bout de forces, seul, entre ne pas perdre espoir et ne pas perdre sa dignité, cherche du regard quelque chose à quoi se rattraper. Et là, fixant la caméra d’un regard à bout de force, c’est nous, public, qu’il regarde. Acteur d’un film retraçant une histoire vraie, c’est au futur qu’il s’accroche. A l’espoir d’un monde meilleur. Ce monde pour lequel il s’est battu à son retour d’esclavage, ce monde qu’il a aidé à façonner, pour abolir les inégalités raciales et racistes.

Ce film arrive dans nos cinémas après l’année 2013, marquée par Le Majordome, de Lee Daniels, Lincoln, de Steven Spielberg, Django unchained de Quentin Tarantino…

Alors qu’aujourd’hui on vit comme si tout était évident, plein de fierté et d’individualisme, le cinéma nous rappelle combien nos ancêtres ont lutté pour garder leur liberté. Et pourtant, notre comportement ne les honore pas toujours.

Heureusement, les codes évoluent et les inégalités s’estompent sous la légèreté de jolies campagnes, comme en ce moment celle de Mauboussin avec sa nouvelle égérie, Jean-Marc Mormeck, double champion du monde de boxe en catégorie lourd-léger.

La culture aura-t-elle autant d’impact dans les esprits que le poids des lois ?

Sarah W